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Frankofonia

Qui est Nicolas Bouvier ?

Cette année, Nicolas Bouvier (mars 1929 – février 1998) aurait eu 90 ans. 

Pendant cinquante ans l'écrivain suisse francophone a arpenté le globe. Il fait aujourd’hui figure de référence pour tous les écrivains voyageurs et les amoureux d’aventures à la rencontre de la culture de l’autre
En 1953, à la fin du mois de juillet, Nicolas Bouvier quitte Genève au volant de sa vieille Fiat Topolino et avec une machine à écrire. Il se dirige vers Belgrade où il doit rejoindre son ami Thierry Vernet. Les deux hommes prendront ensuite la route vers la Macédoine, la Grèce, la Turquie, l'Iran, l'Afghanistan.

Nicolas Bouvier et Thierry Vernet résident ainsi quelques semaines à Prilep, « une petite ville de Macédoine, au centre d’un cirque de montagnes fauves à l’ouest de la vallée du Vardar », L'Usage du monde(1963).

L’hommage franco-suisse qui lui sera rendu pendant le mois de la francophonie (mars 2019) dans différentes villes de Macédoine, se déclinera autour du livre et d’écrivains voyageurs bien sûr ; mais aussi dans les domaines du cinéma, de l’architecture, de la photographie, du dessin et de la musique.

Principale bibliographie :

  • « L'Usage du monde » (1963)
  • « Chronique japonaise » (1975)
  • « Le poisson scorpion » (1982)
  • « Journal d’Aran et d’autres lieux » (1990)
  • « Le Hibou et la baleine » (1993)
  • « Le Dehors et le Dedans » (1998)

Vidéographie :

  • « Le Hibou et la Baleine », Nicolas Bouvier, un film de Patricia Plattner - 1993 - Suisse
  • « Nicolas Bouvier, le vent des mots » un film documentaire d'Olivier Bauer et Joël Calmettes, diffusé sur France 3 (Un siècle d'écrivains)
  • « Nicolas Bouvier, 22 hospital street » un film documentaire de Christophe Kühn aux Éditions Zoé.
  • « Le retour de Bouvier » un film de Jordan Plevnes et de la Télévision nationale de Macédoine (2010)

 

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Citations de Nicolas Bouvier

« L’usage du monde » (1963)
Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait.

*   *   *

Portés par le chant du moteur et le défilement du paysage, le flux du voyage vous traverse, et vous éclaircit la tête. Des idées qu'on hébergeait sans raison vous quittent; d'autres au contraire s'ajustent et se font à vous comme les pierres au lit d'un torrent. Aucun besoin d'intervenir; la route travaille pour vous [...]

*   *   *

J’aurai longtemps vécu sans savoir grand-chose de la haine. Aujourd’hui j’ai la haine des mouches. Y penser seulement me met les larmes aux yeux. Une vie entièrement consacrée à leur nuire m’apparaîtrait comme un très beau destin. Aux mouches d’Asie s’entend, car, qui n’a pas quitté l’Europe n’a pas voix au chapitre. La mouche d’Europe s’en tient aux vitres, au sirop, à l’ombre des corridors. Parfois même elle s’égare sur une fleur. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, exorcisée, autant dire innocente. Celle d’Asie, gâtée par l’abondance de ce qui meurt et l’abandon de ce qui vit, est d’une impudence sinistre. Endurante, acharnée, escarbille d’un affreux matériau, elle se lève matines et le monde est à elle.


Interview

En route, le mieux, c'est de se perdre. Lorsqu'on s'égare, les projets font place aux surprises et c'est alors, mais alors seulement que le voyage commence.
« Il faudra repartir » (Textes inédits tirés des carnets de voyage de Nicolas Bouvier)
Il prétend que la joie n'existe pas. Je lui accorde qu'elle est disparue quand on croit la tenir, mais comme la contrebasse d'un orchestre on la devine quand elle nous manque.

*   *   *

Les choses qu'on a violemment aimé au début de la jeunesse devraient ou disparaître sans laisser de traces ou grandir avec nous.

« Le poisson-scorpion » (1982)
Je voyage pour apprendre et personne ne m’avait appris ce que je découvre ici.

« Chronique japonaise » (1975)
Si l'on ne peut plus guère progresser aujourd'hui dans l'art de se détruire, il y a encore du chemin à faire dans l'art de se comprendre.

*   *   *

Mais c'est le propre des longs voyages que d'en ramener tout autre chose que ce que l'on allait y chercher.

*   *   *

En revenant de voyage nous sommes comme des galions pleins de poivre et de muscade et d’autres épices précieuses; mais une fois revenu au port, nous ne savons jamais que faire de notre cargaison.