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L’enseignement/apprentissage précoce du français langue étrangère

A l’époque actuelle, la connaissance de deux voire trois langues étrangères devient une obligation. Pour un meilleur apprentissage d’une langue, les didacticiens attachent une importance particulière à l’enseignement/apprentissage précoce de la langue. Débuter l’apprentissage d’une langue étrangère à un jeune âge permettra de jeter les bases pour un apprentissage ultérieur, mais également influencer les attitudes envers d’autres langues et d’autres cultures.

L’enseignement/apprentissage précoce d’une langue étrangère, qu’est-ce que c’est ?

Le terme « précoce » tel qu’il est défini dans Le Petit Robert 2003 signifie : « Mûr avant le moment habituel ou qui est mûr avant l’âge voulu ». Un enseignement précoce, dans son sens propre du terme, signifierait qu’il existerait un âge mûr pour apprendre les langues. Or, en absence de valeur scientifique, la précocité ferait plutôt référence à l’âge habituel auquel on commence à apprendre une langue étrangère dans le système éducatif.
Vu les pratiques de la plupart des pays dans ce domaine qui consistent à introduire l’enseignement d’une langue étrangère dès les premières années du primaire, l’enseignement précoce d’une langue étrangère, c’est faire apprendre une langue aux jeunes enfants, d’âge préscolaire et en début de scolarisation primaire.

Pourquoi est-il souhaitable de commencer l’apprentissage et l’enseignement de la langue étrangère à un âge précoce ?

Un jeune enfant prend plaisir à l’expérience linguistique, il est prêt à apprendre, à écouter, répéter, communiquer, imiter, jouer, il n’est pas inhibé par l’image que les autres se feront de lui-même. Il est ouvert aux autres, il est naturellement doté de capacités d’acquisition linguistique exceptionnelles, notamment sur le plan de la phonétique et de la morphosyntaxe. Grâce à la plasticité de son cerveau que l’adulte ne possède pas au même degré, il peut acquérir des mécanismes linguistiques rapidement et arriver à une bonne compréhension et prononciation de la langue étrangère.
Dans ces conditions favorables, l’enfant peut apprendre très facilement une langue étrangère à condition que l’apprentissage se poursuive en continuité tout au long de sa scolarité. L’apprentissage précoce d’une langue étrangère lui permet de poursuivre avec l’apprentissage d’une deuxième voire troisième langue ultérieurement, ainsi qu’à mieux connaitre sa langue maternelle. Cela lui permettra de se constituer un capital social et pouvoir s’intégrer dans un monde en changement constant.

Quels paramètres prendre en compte dans le programme d’enseignement précoce de la langue étrangère et comment organiser cet enseignement ?

Besoins et intérêts de l’enfant
Identifier les besoins de l’enfant (réf. la pyramide de Maslow, Dalgalian), ainsi que leurs centres d’intérêt est la première étape indispensable lors de la conception d’un programme d’enseignement adapté à de jeunes enfants.
L’enfant a besoin de parler, d’être écouté, de jouer, de toucher, de manipuler des objets, d’explorer, de découvrir, il a une curiosité innée. Il aime varier, changer, il s’intéresse au pourquoi, il apprend à s’identifier, à maîtriser les sentiments, à connaître et distinguer le bien et le mal.
D’autre part, les besoins et les intérêts ne sont pas les mêmes pour un enfant de 3 et un enfant de 8 ans, l’âge de la raison. Ce dernier, même si les besoins peuvent rester identiques à l’âge précédent, a d’autres centres d’intérêts (se mesurer par rapport aux autres, distinguer le réel et l’imaginaire, faire des collections, etc.). Le professeur enseignant à ces publics doit connaître les stades de développement cognitif propres à chaque catégorie d’âge afin de les mettre en relation avec les façons d’apprendre.

Approche actionnelle
Quel que soit l’âge de l’enfant, dans une classe de langue étrangère il convient de proposer une approche centrée sur l’apprenant, sur ses centres d’intérêts et adaptée à son âge. L’approche doit rester globale, multi sensorielle, orientée vers le jeu. La langue à acquérir doit être abordée non pas de façon frontale et grammaticale, mais instrumentale. La langue sert à réaliser des tâches, on s’en sert pour faire des choses.
En classe de français précoce, avec les plus petits, l’apprentissage passerait par des chants, des comptines, des histoires, des images, des expériences, des créations, des jeux. Avec les plus grands, nous pourrions faire des simulations et créer des univers imaginaires. Les activités de communication sont primordiales : chaque séquence de langue repose sur des situations et des activités favorisant les interactions entre les enfants. Les rituels de la classe sont un moment privilégié pour l’utilisation de la langue comme instrument de communication.

Pédagogie du jeu
L’occupation préférée la plus intensive de l’enfant, c’est le jeu. Pour l’enfant, le jeu est très sérieux et il s’y livre avec plaisir. Alors, l’enfant peut apprendre mieux, avec plus d’intérêt et plus sérieusement si les activités éducatives lui sont présentées de manière ludique, passées par des jeux.
Il existe plusieurs types de jeux : jeu de cartes, jeu de loto, jeu de mémorisation, jeu de rôle, jeu de parcours, jeu de logique, jeu de construction, jeu de règles, jeu de société. Enfin, selon les différents facteurs, plusieurs classifications sont possibles. La pédagogie du jeu, outil efficace pour motiver les enfants, susciter leur intérêt et développer l’esprit d’équipe, est bien présente dans l’enseignement du français langue étrangère. En classe de français, nous retrouvons plusieurs jeux connus qui mettent l’accent sur l’aspect communicatif : le jeu de l’oie, Jacques a dit, le jeu des 7 familles, la chasse au trésor et bien d’autres.
A jeune âge, le lien entre le développement de l’enfant, son besoin naturel de jouer et l’apprentissage est plus qu’évident. A travers le jeu l’enfant accède à la langue grâce aux structures langagières répétitives et par la motivation qu’il génère, il déclenche une prise de parole. Donc, le jeu représente une situation d’expérimentation avec la langue et permet de répondre à des besoins réels et authentiques de communication qui favorisent une implication dans l’apprentissage de la langue.

Eveil aux langues
L’éveil aux langues, mouvement né en Grande-Bretagne au début des années 80 et repris en Europe et au Canada, est une approche méthodologique qui consiste, par la manipulation et le contact avec des corpus oraux et écrits de différentes langues, de sensibiliser les apprenants à la diversité des langues et de leur faire prendre conscience de la diversité des êtres qui les parlent.
L’objectif de l’éveil aux langues est de développer des attitudes de tolérance et d’ouverture à la diversité linguistique et culturelle, renforcer l’intérêt pour les langues en développant des aptitudes susceptibles de faciliter leur apprentissage. Sensibilisés dès le plus jeune âge à la question de la diversité linguistique et culturelle, les élèves se prépareront à vivre dans des sociétés pluralistes.
L’éveil aux langues s’adapte à tout type de classe, linguistiquement homogènes ou non, dès l’enseignement pré-scolaire. La curiosité des jeunes élèves pour le monde qui les entoure et les prédispositions naturelles que nous évoquions tout à l’heure sont un puissant déclencheur d’ouverture à l’altérité, à la nouveauté et à la différence. Au cours de multiples activités (Les cris des animaux, La biographie langagière, Les proverbes, Les contes, etc.) les enfants sont appelés à interagir dans la langue d’enseignement à partir de matériel plurilingue qui suscite leur intérêt et ouvre la porte à d’autres langues de leur répertoire. Transformés en petits détectives, les enfants partent à la découverte de nouveaux sons, nouveaux mots et nouvelles écritures. En comparant les langues entre elles et en recherchant leurs similitudes et différences, ils explorent le langage en général et acquièrent des connaissances et aptitudes (écoute, observation…) qui leur sont utiles dans tous les apprentissages y compris la langue de l’école.
L’éveil aux langues donne des excellentes opportunités pour mettre en place des projets interdisciplinaires en classe, faisant ainsi le lien entre les différentes matières et domaines (mathématiques, chant, citoyenneté, sport, etc.) et arrivant, de cette manière-là à un apprentissage décloisonné de la langue.
Cette approche d’exposition à la/les langues, qui ne se substitue pas à l’apprentissage des langues, pourra être promue comme accompagnement des apprentissages linguistiques tout au long de la scolarité des élèves.

 

Bien évidemment, un nombre plus important de facteurs que ceux décrits ci-dessus doit être réuni pour que l’enseignement/apprentissage précoce de la langue étrangère soit réussi.

Tout d’abord, il faut s’interroger sur les rapports langue maternelle et langue étrangère qui sont deux aspects essentiels de l’enseignement précoce. Ainsi, comme nous apprend Lév Vygotski, « L’enfant assimile à l’école une langue étrangère tout autrement qu’il n’apprend sa langue maternelle(…). L’enfant assimile sa langue maternelle de manière inconsciente et non intentionnelle alors que l’apprentissage d’une langue étrangère commence par la prise de conscience et l’existence d’une intention ».
Tout enfant est capable d’apprendre une langue très rapidement. Le processus d’apprentissage de la première langue est accompagné d’un processus de développement cognitif et social, qui intervient en même temps que l’acquisition linguistique. Cela permet à l’enfant de passer d’une période de non parole à la période de la parole, d’acquérir de l’intelligence et de devenir un être social. Une fois les mécanismes liés à la maîtrise de la première langue mis en place chez l’enfant, ils sont disponibles pour les autres langues aussi.
En réalité, on peut apprendre des langues étrangères selon des conditions très différentes. Le programme d’un enseignement précoce dépend de l’âge, des objectifs, du degré de l’acquisition de la langue maternelle, du temps d’exposition à la langue étrangère et bien d’autres facteurs.

Les enseignants intervenant auprès du jeune public doivent être formés aux spécificités de ce public et de cet enseignement, ils doivent se sentir à l’aise avec les enfants, être rigoureux et attentifs, ayant envie de jouer, variant des activités, savoir communiquer avec les parents. Leur niveau linguistique doit être impeccable afin de permettre à l’enfant de se retrouver dans un bain linguistique.

L’espace qui accueille le jeune public doit être adapté à leur âge, il doit être chaleureux, colorié, avec un affichage adéquat, utilisé à des fins pédagogiques où l’enfant trouvera des repères, surtout pour des activités rituelles comme les présences/absences, le jour et la date, la météo, les règles de vie ou encore les consignes de la classe.

Les ressources et les supports doivent être variés, les activités également tout comme les médias utilisées. Les enseignants peuvent se servir d’objets concrets (des jouets, des marionnettes) ou des images en forme de flash cartes ou posters. A l’ère actuelle de la technologie, le numérique est au service de l’enseignement, notamment avec les tableaux blancs numériques et les tablettes où les ressources sont abondantes.

L’enseignement doit être organisé selon une planification régulière et systématique tenant compte des intérêts des enfants et de la réalité dans laquelle ils vivent.

L’apprentissage précoce ne suffit pas en lui-même et l’acquisition d’une langue est un long processus qui demande un investissement en temps. Le potentiel que les jeunes enfants présentent à cet égard, ainsi que les nombreux avantages que la connaissance des langues étrangères apporte au-delà du plan linguistique, me laissent croire que c’est un investissement plus que rentable.

 

Bibliographie

Hagège, C. 1996, 2005. L’enfant aux deux langues. Odile Jacob
Groux, D. Article paru dans Le français dans le monde n°330, Novembre-Décembre 2003
Le Petit Robert. 2003. Paris: Dictionnaire le Robert
Cuq, J-P., Gruca, I. 2002. Cours de didactique du français langue étrangère et seconde. Presses Universitaires de Grenoble
Cohen, R. 1982. Plaidoyer pour les apprentissages précoces. Paris : Presses Universitaires de France
Garabédian, M., Weiss, F. 1991. Enseignements/apprentissages précoce des langues. Paris : Hachette Education
Porcher, L., Groux, D. 2003. L’apprentissage précoce des langues. Paris: Presses Universitaires de France
Délégation générale à la langue française et aux langues de France. Les approches plurielles des langues et des cultures. Collection « Regards ».

Sitographie
http://ec.europa.eu/languages/index_fr.htm
http://ec.europa.eu/languages/policy/learning-languages/early-language-learning_fr.htm
http://www.aplv-languesmodernes.org/
www.eduscol.education.fr
www.primlangues.education.fr


Sitographie aves des ressources pour les enseignants
http://enseigner.tv5monde.com/collection/cours-pour-les-3-12-ans
http://www.bonjourdefrance.com/exercices/contenu/activites-de-classe-leveil-au-francais-precoce-par-les-sens.html
http://www.lepointdufle.net/enfants.htm
www.elodil.com