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Sur le pont

Le soir de mon arrivée à Скопје/Skopje je relis L’Usage du monde, Nicolas Bouvier (première édition 1963). Un récit de voyage, de terrain, de terroirs, de territoires et de langue française. Nous sommes dans les années cinquante, soixante.

Au réveil, je me souviens que nous fêtons, en 2018, 25 années de relations diplomatiques entre nos deux pays. Jubilée d’argent. En l’honneur de cet anniversaire, je souhaite que dans tous les domaines de notre coopération, cette année-ci, soit particulièrement riche, dense et inventive.

A midi, je parle avec la belle l’équipe de l’Institut Français de Skopje. Et je lui dis que nous devons être les ingénieurs de tous les ponts entre nos pays. Il y a des gens qui restent stupéfaits par le fait que des objets lourds comme des avions puissent voler dans l’air. Pour moi, le mystère réside dans les ponts qui sont pourtant bien réels.

A 16 heures, je rencontre un partenaire macédonien. Nous évoquons nos projets, ce qui nous relie. Encore des arches et des ponts. L’ensemble et le détail.

18 heures. J’effectue mon incursion rituelle dans l’univers virtuel, je traite mes e-mails. D’un été avec Bouvier à l’hiver numérique !

21 heures -j’écris de ma cuisine. Un peu fatigué, mais à l’évidence la journée a été belle. Si mon visage pouvait dire quelque chose, il dirait merci d’être ici.

Au coucher, il existe la correspondance de Flaubert dont je ne me lasse pas. Mais bon, je ne suis pas à Skopje pour lire un Normand. A côté de lui, sur cette même table de nuit, il y a quelques auteurs macédoniens traduits en français : Sopov, Urosevic, Andonovski, Andreevski, Plevnes, Starova et Mickovic qu’il me tarde d’avoir pour compagnons de route.

Ensuite, les gens et les lieux se dissolvent dans le sommeil.

Au réveil, j’écoute en podcast la conférence d’Antoine Compagnon au Collège de France: De la littérature comme sport de combat :  (…) au XIXe siècle, il est partout question de duel, d’éreintage littéraire. Au XXe, l’image de la boxe a pris le relais chez Hemingway ou Montherlant. La longue histoire de la métaphore de la « plume de fer », puis de l’« escrime », de la « boxe littéraire ».

Emmanuel Rimbert